Des données sols au développement d’applications : le modèle SQUAT (Spatialisation et QUalification des potentialités Agronomiques des Terres)

Ce modèle prend en compte des données pédologiques (épaisseur, texture, hydromorphie, réserve utile en eau), pédo-climatiques (déficit hydrique) et topographiques (exposition et pente des versants).

Ces données sont combinées pour proposer 6 niveaux de potentialités: de très faible à très bonne.

Une cartographie des aptitudes des sols agricoles à la production de biomasse peut être proposée et prend la forme d’un carroyage composé de mailles de 300 x 300 mètres.

Chaque maille fait ressortir le niveau de potentialité le plus représenté spatialement.

La valorisation des données sol dans le Calvados

Les orientations nationales en faveur de la préservation des terres agricoles à fort potentiel de production supposent de disposer de données sur les sols et d’une méthode pour évaluer et cartographier la capacité des sols à fournir de la biomasse.

Un département aux potentialités agronomiques contrastées

Dans le Calvados, les plus fortes potentialités agronomiques des sols se concentrent au Nord-Ouest de Caen (1) et les plus faibles dans la partie méridionale du Pays d’Auge et la basse vallée de la Dives (4). Les terres agricoles de qualité moyenne se situent le long d’un axe Bessin - Plaine de Falaise en passant par le Sud de la Plaine de Caen (3). Les sols à bonne capacité de production s’observent préférentiellement dans le Virois et au Nord du Synclinal bocain (2).

A partir des données issues du programme « sol » et du modèle SQUAT, la cartographie des potentialités agronomiques des sols du Calvados a pu être réalisée selon un découpage par maille (300 x 300 mètres).

Cette échelle fine permet de constater que la capacité de production de biomasse varie très rapidement d’un point à un autre et souligne l’hétérogénéité de la terre agricole souvent constatée à l’intérieur même d’une parcelle.

Pour évaluer les conséquences de l’urbanisation sur l’agriculture, les potentialités de production des espaces consommés, identifiées par photo-interprétation, ont été déterminées au moyen du modèle SQUAT.

Entre 1998-2012, 2 455 ha de bonne terre agricole ont perdu leur fonction de production, soit près de 40% de la totalité des terres agricoles consommées.

Le critère « potentialité agronomique » apparait comme un élément d’arbitrage insuffisamment considéré dans le choix des terrains voués au développement de l’urbanisation. Proportionnellement à l’ensemble des terres consommées, l’emprise urbaine sur les bonnes terres agricoles tend même à se renforcer puisque l’on note une augmentation de la consommation des sols à bon potentiel de production sur la période la plus récente (2009-2012).

Cette tendance résulte à la fois d’une baisse de la consommation des terres et d’un renforcement de l’urbanisation en périphérie des villes principales là où se situent les meilleures terres.

Une augmentation de la consommation des bonnes terres agricoles

Les impacts de l’urbanisation sur l’économie agricole